8 juin 2011

Bonjour Yohan Elmaalem!

Tout d’abord, je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre à mes questions!

Présentez-nous Adyoulike en quelques mots

Adyoulike est une jeune startup créée par 2 cofondateurs: Julien Verdier et moi-même.
Nous venons de boucler un premier tour de table avec des acteurs réputés du web qui vont maintenant nous accompagner.
Adyoulike est la première régie publicitaire européenne qui propose de monétiser l’espace de sécurité captcha.
Les utilisateurs ne recopient plus des caractères déformés mais le slogan publicitaire d’une marque.
Nous garantissons aux annonceurs que leur message sera vu, lu, écrit et facilement mémorisable.
Nous permettons aux éditeurs de site d’avoir une nouvelle source de revenu sur une espace qui à la base ne leur rapportait rien.

Adyoulike

Comment avez-vous eu l’idée de ce projet?

Le projet est parti de 2 constats:
- Le captcha est une espace contraignant pour les utilisateurs
- 280 millions de captcha sont résolus chaque jour dans le monde, en moyenne l’utilisateur passe 14 secondes à le résoudre, il a tendance à faire 2 ou 3 tentatives pour le valider.
A partir de ces deux constats nous nous sommes justement demandés s’il n’y avait pas un moyen pour valoriser cet espace, profiter de cette attention qui est perdue inutilement, en le rendant plus agréable tout en le monétisant. C’est là que nous avons décidé de le rendre publicitaire.

Qui sont vos clients?

Nous touchons deux types de clients:
Les annonceurs d’un côté qui définissent un message publicitaire à faire apparaître dans les captcha.
Les éditeurs de l’autre qui sécurisent leur site et génèrent de nouveaux revenus en ayant sur leur site un captcha publicitaire.
Nous disposons à l’heure actuelle d’une dizaine d’annonceurs et de près de cinquante éditeurs.

Est-ce un service totalement innovant ou avez-vous des concurrents?

Ce service est totalement innovant en Europe notre seul concurrent réside aux Etats-Unis et il a déjà convaincu de nombreux annonceurs de premier plan.
Nous comptons faire de même en Europe et démocratiser cet espace publicitaire.
Nous avons aussi développé des formats innovants, nous proposons des captchas vidéo et des captchas extensible: au moment où l’internaute rentre dans le champ de saisie, le captcha va se déployer dans n’importe quel format publicitaire IAB.

Comment vous rémunérez-vous?

Chaque message publicitaire correctement renseigné est financé par l’annonceur, ce revenu est ensuite partagé à 50% auprès de nos éditeurs partenaires.
C’est un modèle gagnant pour tout le monde, d’une part l’annonceur qui a là un format innovant et une attention obligatoire sur sa marque, l’éditeur qui ne gagnait pas d’argent sur cet espace peut désormais le monétiser en gardant la même sécurité, enfin l’utilisateur pourra résoudre son captcha plus rapidement.

Avez-vous rencontré des difficultés? Quelles est selon vous l’étape que vous identifiez comme étant la plus délicate dans la création d’une entreprise ?

Concernant Adyoulike, notre plus grande problématique a été de trouver comment sécuriser un captcha qui serait écrit avec des caractères non déformés.
Cela nous a pris plusieurs mois de R&D pour combiner plusieurs innovations techniques qui garantissent la sécurité de nos captchas

Sinon d’une manière plus générale, le plus difficile c’est de se baser sur une simple idée et d’arriver à en faire un service commercialisable. Une idée en soit peut paraitre simple mais la plus grande difficulté réside dans la capacité à la mettre en œuvre et la qualité de son exécution. C’est un chemin parsemé d’embuche mais très excitant.

Quel est le point sur lequel vous conseilleriez d’être particulièrement vigilant?

Mon conseil serait de ne pas lancer un produit ou un service qui ne répond à aucun besoin. Nous voyons de nombreuses startups qui se lancent avec des idées géniales mais qui n’ont pas de marché.
Il est donc important de s’intéresser au marché et voir à quel besoin il peut répondre avant d’avoir une idée innovante.
Nous sommes sur un secteur qui n’est pas très sexy (le captcha) mais qui représente une manne commerciale gigantesque.

Comment intégrez-vous les réseaux sociaux dans votre stratégie, quels rôles jouent-ils?

Notre solution est un modèle BtoB mais nous n’hésitons pas à nous servir de Facebook et Twitter pour communiquer. C’est un vrai lieu d’échange avec les internautes. Ils n’hésitent pas à donner leur avis et à partager rapidement et simplement l’information.
Nous venons d’ailleurs de lancer notre page Facebook sur laquelle nous allons mettre en avant-première les nouveaux formats que nos fans pourront tester. Le but étant ensuite de pouvoir recueillir leur feedback.

Quels sont vos projets pour demain?

Nous avons pour ambition de nous déployer dans toute l’Europe très rapidement compte-tenu de la présence mondiale du Captcha. Il ne restera plus qu’à convaincre les annonceurs locaux.

De quel site ou startup seriez-vous fier d’être le créateur ?

Pour moi c’est la société Boosket, j’avais vraiment suivi cette startup depuis le début et j’avais adoré le concept: permettre à tout le monde de créer sa propre boutique sur Facebook.
Ils ont réussi à faire en seulement quelques mois quelque chose de vraiment bien.

Quel est votre héros préféré?

Dans le web, mon héros est sans aucun doute Marc Simoncini, je suis son parcours depuis longtemps et c’est lui qui m’a donné envie d’entreprendre, c’est un bel exemple à suivre.
J’ai hâte de voir ce qu’il va faire arriver à faire avec Sensee sur le marché de l’optique.

26 janvier 2011

Le bilan Fevad de l’année 2010 présenté lundi a confirmé la bonne santé du secteur à l’orée d’une nouvelle décennie. Panier moyen de retour à 91€, croissance annuelle de 15% du panel ICE 40*, taux de transformation record de 2,15% au 4e trimestre ! On compte aujourd’hui en France près de 82 000 sites marchands pour un chiffre d’affaire annuel estimé à 31 milliards d’euros.

Ces chiffres sont intéressants mais ne doivent pas non plus occulter un déséquilibre de plus en plus pesant entre le top 50 et la longue traine. Avec plus de 80 000 sites, on n’est plus proche du 99/1  que de la loi de Pareto des 80/20. Tout le monde est invité à la grande fête du e-commerce, mais il est difficile d’émerger sans trop de moyens dans un écosystème où les lois sont souvent dictées par les business de gros volume.

L’emploi dans le e-commerce

Mais l’un des motifs de réjouissance pour cette nouvelle année tient plutôt à un sujet que nous n’évoquons pas souvent dans ce blog (peut-être à tort) : celui de l’emploi dans l’e-commerce.  Le bilan de lundi était également l’occasion de présenter les conclusions de l’étude réalisée par le cabinet Asterès pour la Fevad et le Club des DRH du Net.  60 000 ETP en 2010, une masse intéressante qui nous permet réellement de parler du e-commerce comme d’un secteur à part entière. Bonne nouvelle. Une belle croissance (+9% vs +1% dans le secteur privé), des salaires nets mensuels au-dessus de la moyenne, une part sur-représentée des 15-24 ans dans ce secteur et fait intéressant, 1/3 des emplois e-commerce sont occupés par des personnes non diplômées, vs 16% ! En bref, on donne une chance aux jeunes autodidactes, ce n’est pourtant pas très français tout ça…

Notre secteur est donc en plein essor, et les perspectives de recrutement sur 2011 sont positives. Ulric Jerome (Pixmania) et et Xavier Court (Vente Privée) annoncent chacun 150 postes pour 2011. A eux deux, ils représente 5% du marché de l’emploi sur notre secteur, pas étonnant.

Mais alors, quand verrons-nous apparaître le mot « e-commerce » dans les secteurs à choisir sur le site de recherche d’emploi ? Pour le moment, je n’ai trouvé le terme e-commerce que chez Monster.fr… Vivement 2012.

*Le panel ICE 40 de la Fevad :
22 sites BtoC y compris produits techniques et textile-mode : 3 Suisses – Alapage – Carrefour – Cdiscount – Célio – Darty – Fnac – France Loisirs – M6 Boutique – La Redoute – Ldlc – Mistergooddeal – Pixmania – Quelle – Rue Du Commerce – Sarenza – Séphora – Spartoo – Surcouf – Topachat – Vente-Privée – Vertbaudet
12 sites spécialisés BtoB : Camif Collectivités- Cdiscount- Ipsopresto – Jm Bruneau – JPG – LDLC – Manutan – Pixmania Pro – Raja – Rue Du Commerce – Viking Direct – Welcome Office
10 sites spécialisés voyage tourisme : Accor Hôtels – Club Med – Ebookers – Go Voyages – Lastminute – Nouvelles Frontières – Thalasseo – Voyage Privé – Voyages Loisirs – Voyages-Sncf

Naissance…champagne !

par Catherine Barba
20 janvier 2011

bébé joufflu

Chers amis,

J’ai la grande joie de vous annoncer l’arrivée du Lab e-commerce de Malinea. Merci à Stéphane Soumier, ma bonne fée (!) de BFM de m’avoir invitée ce matin à l’antenne pour en parler.

  • Le Lab e-commerce ? C’est un Lab dédié à l’innovation e-commerce et à sa mise en œuvre concrète, parce que le e-commerce est un écosystème qui bouillonne et évolue sans cesse, avec beaucoup d’innovations, de technos, de services, de nouvelles pratiques qui voient sans cesse le jour, et que les acteurs de la vente en ligne (surtout ceux dont ce n’est pas le métier) ont sacrément besoin de repères pour y voir clair sur toutes ces nouveautés qui peuvent faire peur, mais sont en réalité autant d’opportunités pour offrir une expérience utilisateur plus simple, plus intuitive, plus agréable.
  • Deux objectifs à ce projet énergisant : permettre à tous les e-marchands de connaître et tester les dernières technologies, les services, les bonnes pratiques qui vont leur simplifier le e-commerce, et mettre un coup de projecteur sur les start-ups qui repoussent les frontières du e-commerce.
  • Ses parrains sont de très belles marques : SO Colissimo, Vente-Privée avec son équipe R&D et sa e-commerce Factory dont on va beaucoup parler bientôt, Euratechnologies à Lille,…et d’autres qui vont très vite rejoindre le projet, pour lui donner une ampleur plus internationale. Merci à eux pour leur confiance et leur enthousiasme contagieux
  • Ses marraines sont de très belles filles (oui !) : celles de la Malinea team qui planchent sur le Lab depuis de nombreuses semaines. Bertrand et François aussi sont beaux, mais ça cassait mon effet d’antithèse ;)

Pour commencer sur une note festive, je vous attends ce soir à partir de 17h30 chez Microsoft à Issy-les-Moulineaux pour parler innovation, et écouter le retour d’expérience de mon amie Céline Lazorthes de Leetchi sur son opération avec Pixmania sur Facebook.

Et aussi pour boire ensemble au chouette esprit d’innovation qui souffle son dynamisme sur la cuvée e-commerce 2011.

Si vous n’êtes pas encore inscrits (nous sommes déjà nombreux), venez ! N’oubliez pas de confirmer votre présence auprès de stephanie@leetchi.com

A ce soir !

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Comme un arc-en-ciel

par Catherine Barba
1 décembre 2010

La team !

Vous vous souvenez de cette phrase de Tchang à la fin du Lotus Bleu : « Il y a un arc-en-ciel dans mon cœur, Vénérable !… Je pleure le départ de Tintin et je ris de retrouver un papa et une maman ! ». C’était un peu l’ambiance dans les bureaux de Malinea aujourd’hui.

Cashstore est parti.

Hier, les équipes ont rangé leurs affaires, vidé les bureaux, emporté leurs ordi, puis ont fermé la porte pour aller intégrer leur nouvelle maison, Ebuyclub. C’est une belle aventure qui les attend, je le sais, je leur souhaite ; j’y travaillais depuis des mois aussi.

Mais maintenant qu’ils sont partis, le silence est lourd et leur absence résonne.

Le fort développement de nos deux activités, Cashstore et le conseil, restées pour des raisons historiques au sein de Malinea sans avoir été constituées en sociétés distinctes, présentait potentiellement un certain nombre de conflits d’intérêt, et imposait des arbitrages de ressources qui pouvaient devenir préjudiciables au développement harmonieux de ces deux métiers à fort potentiel ; il fallait faire un choix. La cession va nous permettre de nous concentrer exclusivement sur ce qui est mon métier de base, le conseil.

Merci les Castors pour ces 6 joyeuses années, les Cashspoint, les Cashsport, la capuera, danse africaine et autre escrime ; la trousse de Renaud, sa guitare et ses blagues, le sourire d’Armando, les voyages à Madrid, les gâteaux de Fatima, ses folles histoires de poules, tous les forwards de Nath de membres éperdus d’amour, les stiptease de Bastien ( !?), l’humour d’Alex mieux qu’Audiard et Nicolas Bedos réunis, sans oublier Claire, Jérémie, Martin, Sandra, Priscille, Loubna, Elodie, David, Lionel, Ludivine, Aurélie, Minh …j’en oublie ! Et Chris – toujours là ;) Bonne route ! Restez sérieux sans vous prendre au sérieux, curieux, lucides et fiables.

Merci aussi pour le CyberMonday. Il a passé son tour cette année, le coquin ! La cession rendait impossible de préparer un événement d’une telle ampleur. Mais il reviendra, avec ou sans Airnadette, qui seront probablement d’ici là en concert au Madison Square Garden…

La page est tournée, Malinea V2 commence aujourd’hui. On attaque ! Et surtout : on recrute … !

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17 novembre 2010

Pour éclairer les futurs e-commerçants qui hésitent entre solution « clés en main » ou logiciel open source, nous avons interviewé un utilisateur quotidien de Prestashop : Samuel Ouaknine, fondateur de la boutique ht26.com

HT26

HT26

Malinea : Bonjour Samuel, tout d’abord merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Présentez-nous votre site en quelques mots, et le marché sur lequel vous opérez.

Nous sommes le site e-commerce d’un réseau de 4 boutiques physiques proposant des produits de beauté destinées à la peau noire et métissée. Nous avons lancé un premier site « vitrine » en 1999 et nous avons évolué vers un site e-commerce en juin 2007. Nous avons la particularité de proposer des produits que nous fabriquons mais également ceux de marques que nous sélectionnons pour leur pertinence et leur adéquation avec notre cible.

Avant de créer votre boutique en ligne, quels étaient vos besoins en termes de fonctionnalités et vos contraintes ? Pourquoi avez-vous pris la décision de choisir un logiciel open-source plutôt qu’une solution clés en main ?

Tout d’abord, j’aimerai préciser que pendant deux ans nous avons travaillé avec une solution « clés en main ». Nous avons donc pu tester les deux propositions.

Concernant les fonctionnalités et les contraintes, j’ai toujours eu pour volonté d’automatiser les taches répétitives et en particulier celle de l’édition d’étiquettes client ou encore celle de facturation. Nous proposons également beaucoup de produits « personnalisables » (couleur, taille, longueur, densité…) et toutes les solutions ne gèrent pas ce type de fonctionnalités.

Au lancement d’un site, on imagine les grandes lignes en termes de besoins mais des évolutions se révèlent indispensables au fur et à mesure de son exploitation. C’est ce qui m’a décidé à choisir un logiciel Open Source, car avec ma solution précédente « clés en main », n’ayant pas accès au code source du site, j’étais obligé de passer par l’éditeur du site pour la moindre modification ou évolution. Alors en fonction du budget disponible nous étions obligés de différer des projets. Avec Prestashop, je peux créer ces fonctionnalités en interne et si nous n’en avons pas les capacités, nous nous appuyons sur la communauté Prestashop.

N’auriez-vous pas pu développer votre site « from scratch » ? Dans quelle mesure cette solution vous a aidé à développer votre projet e-commerce ?

Un site « from scratch » aurait été beaucoup plus coûteux. La solution open source est par définition gratuite. Nous avons pu donc nous concentrer sur d’autres postes de dépense tels que la qualité des photos ou bien l’élaboration du parcours client.

Quelles ont été les ressources internes nécessaires au développement de votre site sur Prestashop ?

C’est assez difficile d’être précis car un site comme le nôtre évolue au quotidien. Mais il est important de préciser que si une solution « clés en main » peut se gérer « seul », une solution open source nécessite, à mon sens, un webmaster en interne pour la mise en place et le développement au quotidien du site. Si vous ne comptez pas avoir de webmaster, une solution clés en main vous permet de garder un interlocuteur physique, alors que je n’ai jamais eu réellement eu de contact avec l’équipe Prestashop. De mémoire, le point le plus délicat à gérer fut la migration des données (clients, ventes, produits…) d’une solution à l’autre.

Effectuez-vous souvent des modifications sur votre site ? Quel est le process mis en place pour l’intégration/les modifications ?

Nous faisons évoluer notre site très souvent quasiment tous les jours : ajout/suppression de fiches produit, amélioration  de l’ergonomie du site, nouvelle offre en home page chaque semaine, réponse au forum…

Le seul process établi (hormis la validation par mes soins ou celle du webmaster avant la mise en ligne) est l’écriture des fiches produits qui doivent répondre à un schéma de base que Malinea nous a aidé à créer :) .

Avez-vous déjà rencontré des difficultés liées à la mise en place de nouvelles fonctionnalités sur votre site, ou à l’intégration d’opérations marketing partenaires ?

Oui, bien entendu, nous en rencontrons tous les jours comme par exemple trouver le bon fichier ftp pour faire une modification. Cependant, nous nous appuyons sur la communauté de notre open source ainsi que les réponses du forum pour résoudre ces difficultés. En fait, il y a très peu de problèmes non résolus.

Et le référencement naturel ?

Prestashop a prévu dans sa solution des fonctionnalités aidant au référencement naturel (balise, meta description, meta mots-cles, réécriture d’url…). Cependant, nous comptons optimiser ce volet de notre développement en passant par un prestataire externe.

Pour finir, pensez-vous avoir fait le bon choix en ayant pris la décision d’utiliser un logiciel open source ? Envisagez-vous de vous « libérer » de Prestashop pour faire évoluer votre site dans le futur ?

Cette solution me convient très bien tant par l’autonomie que nous avons acquis, que par l’aptitude de la communauté prestashop à nous aider à résoudre nos problèmes. Je ne me sens pas « prisonnier » de prestashop pour m’en « libérer », même si je garde toujours un œil sur les nouvelles solutions !

15 novembre 2010

Je suis malheureusement passée en coup de vent à la journée de lundi, merci à Philippe et aux organisateurs de Bargento pour leur accueil chaleureux.

Entre autres rencontres, j’ai passé un bon moment avec Fabien Esnoult, Fondateur de Colizen.

Colizen

Voilà le résumé de notre échange :

« On ne s’improvise pas e-marchand, commençait Fabien, la logistique en est la preuve. Tous ceux qui ont créé leur site de vente en ligne le diront : la logistique, c’est le petit détail qui peut rapidement virer au cauchemar.

En général, l’histoire de mes clients a commencé dans un salon ou une cuisine. Le back-office annonce la première commande, la deuxième tombe - le début du succès ! Tout à la joie de se découvrir des clients à distance, on emballe soi-même, on met dans les cartons, et on file à la Poste. Bientôt cinq commandes par jour, puis dix ; l’enthousiasme de l’entrepreneur e-commerce qui voit son site décoller n’a d’égal que sa dextérité croissante à envelopper ses produits… autant que la disparition progressive de son home sweet home  sous des  monceaux de cartons envahissants… La préparation à haute dose des colis « maison » ne présente cependant à ce stade aucun vrai risque – sinon le divorce ;)

Mais si cette belle croissance se poursuit jusqu’à atteindre vingt ou quarante colis par jour, comment faire face, hein ? me demande Fabien. Où stocker ? Comment faire ses cartons ? Sans compter les déplacements incessants à la Poste, les bras chargés de cartons à faire le pied de grue devant le Carré Pro (un aller avec option retour pour, justement, les retours). Les e-commerçants qui se lancent auraient grand tort de minimiser les enjeux liés à la logistique et au transport. Car c’est bien LE sujet à anticiper avant qu’il ne devienne un problème. »

Il a raison Fabien, et je le vois autour de moi avec nos clients conseil qui sont de grandes marques du retail : la logistique est l’expertise la plus éloignée de leur cœur de métier. Quel e-marchand en herbe sait d’emblée gérer cette supply chain amont, anticiper ses ventes, sa montée en charge, gérer ses achats et la gestion de ses stocks ?

« Alors, quand on n’a pas encore atteint une taille critique pour pouvoir se payer un responsable logistique, mais dépassé le seuil de quarante commandes /jour où le succès commence à devenir un problème, quelle est la solution ? » demandais-je, non sans a propos.

Première étape : se poser la question «  je pilote ou je confie ? »

«Investir dans la logistique, c’est un poil risqué si on est débutant en e-commerce. On a quand même autre chose à faire à ce stade que de choisir un logiciel de gestion d’entrepôt ou organiser un casting de manutentionnaires. De fait, presque tous les e-marchands commencent par externaliser la préparation et l’acheminement de leurs colis chez un professionnel de la logistique. Ce choix présente l’avantage incomparable de leur permettre de se concentre sur leur métier premier : satisfaire leurs clients. (Soit : s’occuper de son offre. Bien référencer son site. Travailler la mise en scène de ses produits. Améliorer son taux de conversion…). Cette solution permet aussi de réaliser de substantielles  économies sur ses charges fixes, sur ses coûts d’emballage et ses coûts postaux, ajoute Fabien. »

Etape suivante : choisir le prestataire « à qui je m’adresse ? »

« Il existe environ une dizaine d’entreprises en France qui offrent ce service. Fabien constate que le choix se fait souvent sur la proximité géographique, probablement pour garder un lien psychologique avec ses produits. Alors que les critères gagneraient plutôt à être :

- la souplesse informatique du système du partenaire, sa capacité à s’adapter simplement avec celui du marchand ;
- les coûts de mise en place ;
- les coûts de modification du forfait choisi (qui devrait sans cesse évoluer si la progression des ventes est au rendez-vous) ;
- la capacité de s’interfacer avec tous les transporteurs possibles, pour offrir à ses clients le choix des derniers mètres : réception en point relais, à la Poste, chez moi, le soir,  le week-end… »

Et là, la boucle est bouclée. Fabien me raconte Colizen, ses clients (Nespresso, Smartbox, Aquarelle…que des grands !), sa proposition de valeur pour les e-marchands qui sont en concurrence avec des sites « frais de livraison offerts ». Leur différenciation en matière de livraison se fait par le service. Du sur-mesure, pour quelques euros de plus. C’est très malin, car bien sûr qu’une grande partie de e-acheteurs préfèrera payer plus cher pour avoir un confort de livraison chez soi, en soirée ou le week-end. So Colissimo aussi préempte ce créneau, mais quand je le dis à Fabien, il se lève et s’en va ;).