Internet, A la vie A la mort

par Juliette Dodane
18 février 2011

La vie il n’y a encore pas si longtemps, consistait à sortir, serrer des poignées de mains, embrasser nos proches, faire des rencontres à l’occasion de la crémaillère du cousin de notre meilleur ami, nous rendre au bureau le matin et retrouver nos collègues autour de la machine à café…

La vie aujourd’hui, consiste davantage à  poker nos nombreux amis Facebook, leur dire que nous les aimons avec une carte virtuelle, surfer sur les profils de nos contacts Facebook pour repérer nos prochains « rencards », nous rendre compte que le cousin de notre meilleur ami connait la copine de la cousine de notre mec grâce à la fonction « amis en commun » de Facebook, donner rendez-vous à notre collègue à la machine à café par email alors que ce dernier se trouve à moins d’un mètre de nous, se sentir obliger de twitter notre positionnement géographique tout au long de la journée…

Bref la vie a pris une toute autre tournure. Certains s’en réjouissent d’autres se lamentent. Vivons-nous pleinement ou par procuration ? Vaste débat mais la question que nous nous posons aujourd’hui ne relève pas tant de notre vie 2.0 mais plutôt de notre mort 2.0. Si la vie a fait son nid sur la toile, qu’en est-il de la mort ? Que deviennent toutes les données que nous stockons sur la toile, que devient notre vie virtuelle ? Quels rituels mortuaires ont émergé de cette double vie ?

Les rituels mortuaires rappelons-le, sont le reflet d’une société, d’une culture : lorsque certains peuples momifient, d’autres brulent les corps, les entèrent…  A l’ère où Internet tend à devenir la première « culture universelle », quelle approche de la mort 2.0 va-t-on adopter ?

A l’heure actuelle, nous voyons émerger, petit à petit un certain nombre de rituels mortuaires sur la toile, mais nous faisons encore face à un « no man’s land » juridique. Il n’existe effectivement aucune réglementation homogène sur la gestion des contenus numériques post mortem.

Reprenons les faits de façon chronologique. Comme l’a souligné Tristan Mendès France, un des premiers rituels mortuaires apparu sur la toile l’a été à la suite de la mort d’une joueuse de World of War Craft en 2005. Pour la saluer une dernière fois, les joueurs et « amis virtuels » ont organisé une sorte de flashmob virtuel. A la suite de cet épisode, Myspace a été le premier réseau social à prendre en compte la dimension « post mortem » de ses utilisateurs en créant le « Mydeathspace ». Ce site a pour fonction de reporter la mort des utilisateurs de Myspace et de leur rendre hommage. Pour y avoir fait un tour aujourd’hui, il semblerait que le site ait pris une dimension quelque peu absurde. Cela dit, il ne s’agit que de mon humble avis sur la question et n’engage donc que moi.

Les mesures prises par Facebook et Twitter se sont fait largement attendre et ont davantage été le résultat d’une pression sociale. Un nombre grandissant de personnes s’est en effet retrouvé  contraint de faire face à la « vie virtuelle » de leur proche perdurant sur la toile malgré leur mort pourtant, elle, bien réelle. L’impossibilité pour les proches d’accéder aux données numériques rend impossible la prise de mesures relatives au décès d’un proche.

Qui, en créant son profil Facebook, a songé au devenir de ce dernier au lendemain de sa mort ? Les fondateurs de ces réseaux sociaux n’ont eux-mêmes pas une seconde pensé aux fantômes qui allaient errer sur la toile créant ainsi le plus grand cimetière de la planète. En estimant que 200 000 personnes mourraient chaque année sur le réseau social,  Facebook compterait aujourd’hui près de 5 millions de profils d’individus morts. Les créateurs, à peine sortis des jupons de maman n’ont, ce qui est plutôt rassurant, pas anticipé cet aspect de la vie en communauté qui se devait inéluctablement de faire son apparition au sein des communautés virtuelles.

Ce n’est qu’à la suite de l’affaire Bemister que Facebook semble avoir pris conscience de l’importance de traiter le décès de ses membres au cas par cas. En effet, si certaines familles ne supportent plus la présence du profil du défunt sur le réseau social, d’autres au contraire en ont fait une page de recueil à sa mémoire. A ce titre Facebook propose aujourd’hui aux proches du défunt de passer le profil en « mode mémoire » supprimant les données sensibles et autorisant l’accès aux amis uniquement; ou tout simplement de supprimer de manière irrémédiable la page du défunt.

Tristan Mendès France, intéressé par le sujet prend l’initiative de se renseigner sur les process en cas de mort d’un proche auprès de Twitter en avril 2009. Ces derniers lui répondent qu’il est bel et bien le premier à les interroger à ce sujet. Cet échange aura permis à Twitter d’anticiper et de proposer, contre justificatifs valables, la suppression du compte ou leur aide pour sauvegarder la totalité des tweets du défunt.

Internet s’est petit à petit immiscé dans nos vies pour finalement remplacer la lettre par le courrier électronique, le journal intime par le blog, les agences matrimoniales par les sites de rencontre en ligne. De cette façon le journal intime est devenu un véritable « livre » ouvert sur le monde et accessible à tous sans contrôle aucun de la part de son auteur. Internet a eu pour effet contradictoire de nous renfermer sur nous-mêmes tout en nous ouvrant sur un monde sans frontière, nous permettant de suivre la vie d’une personne vivant à des milliers de kilomètres sans même l’avoir jamais vu. Nous passons chaque année plus de temps en tête à tête avec notre ordinateur tout en ayant l’impression d’entretenir des relations humaines plus fortes, plus vraies que jamais. L’homme a la possibilité aujourd’hui de partager son bonheur ou sa douleur avec autrui, autrui ne se limitant plus au cercle privé.

Citons par exemple le blog de Marie-Dominique Arrighi, journaliste à Libération, qui a partagé son combat contre le cancer avec la communauté virtuelle. Un blog que nous avons été nombreux à suivre jusqu’au dernier jour. N’était-il pas étrange d’apprendre à connaitre une personne à travers le récit de ses dernières aventures, et d’éprouver une profonde tristesse le jour où l’on nous apprend sa disparition sans jamais avoir eu l’occasion de lui serrer la main ?

Prenons l’exemple tout aussi touchant d’une mère qui raconte le combat de son enfant né prématuré et dont la mort 17 mois plus tard a mobilisé toute la blogosphère. Ce sont donc des sentiments bien réels qui se dégagent d’une relation pourtant virtuelle à la base. Internet a modifié nos codes : nous n’avons pas conquis la planète mars mais nous avons étendu notre champ d’action à un monde virtuel qui prend chaque jour plus d’ampleur dans nos vies.

Nous partageons nos vies sur la toile, mais quelle valeur donne-t-on justement à tous ces écrits, à toutes ces données que nous stockons sur la toile et qui valent pour certains autant que l’œuvre complète de Balzac. La dématérialisation de la création lui enlève-t-elle toute sa valeur ? Celles-ci ont-elles à être dépendantes du business : disparaissent-elles avec l’entreprise qui les stocke ? Comment mettre en place des lois universelles qui régissent le statut de ces traces post mortem que nous laissons derrière nous sur la toile ? Les données numériques vont-elles se faire une place dans les bureaux des notaires ? Va-t-on reconnaitre l’importance d’institutionnaliser le rôle d’un référent pour le contenu de nos traces post mortem ? A l’ère du numérique, la problématique a sa place dans les débats.

Le sujet ne laisse d’ailleurs pas indifférent. Au-delà des blogueurs et journalistes qui se passionnent pour le sujets, certains y ont vu une opportunité de taille sur un marché finalement encore vierge. C’est le cas de Jeremy Toeman qui décide en 2009 de créer « Legacy Locker » qui a pour but d’aider à la gestion des données numériques d’un proche suite à son décès. Ce dernier aura, au même titre que sur un testament, laissé ses codes d’accès et les noms des personnes à qui ils reviennent. J’ai, par curiosité ouvert mon compte sur Legacy Locker. A l’enregistrement on me demande de nommer deux référents qui seront avertis par email de mon souhait de les voir gérer mes données numériques après ma mort. Je dois également y associer mes « biens » numériques : on les remettra après ma mort à qui de droit. Legacy Locker tente donc de palier à l’absence de lois sur le sujet mais encore faut-il généraliser cette prise de conscience pour en mesurer l’impact.

Vous l’avez compris nous en sommes encore aux prémisses de la réflexion sur le statut post mortem de nos contenus numériques. Quel est votre avis sur la question ? Y avez-vous-même déjà pensé ?

Pour finir sur une note d’humour et de légèreté je vous propose de lire un article de Presse Citron : « Si Internet était la vie » qui fait sourire mais donne malgré tout à réfléchir…

23 août 2010

Vous avez peut être déjà entendu parler de Faguo, ces paires de chaussures responsables, reconnaissables par leur bouton en noix de coco. Nous avons rencontré l’un des cofondateurs qui nous parle de ses choix e-commerce.

Bonjour Frédéric!

Vous êtes tout juste diplômé d’une école de commerce et vous avez crée avec Nicolas, un camarade d’école,  la marque Faguo il y a un an et demi. Racontez-nous comment vous avez construit le projet…

L’idée nous est venue, il y a un an et demi, lors d’un semestre d’étude  en Chine. C’est le royaume des Sneakers là-bas! Ce type de baskets est aux pieds de tous les chinois, d’où l’idée de nommer notre sneaker FAGUO qui veut dire « France » en chinois, littéralement « pays des lois et des manières ».

Nous voulions créer une « sneaker responsable » dans une volonté de compenser l’émission de carbone que nécessite inévitablement leur création. A chaque paire vendue un arbre est planté. Un projet qui allie donc mode et responsabilité!

Nous avons d’abord crée le e-shop avant de nous orienter vers la vente « off-line ».

Justement, parlez-nous du e-shop, comment avez-vous réfléchi à sa conception?

Il a été conçu par une agence. Mais nous nous sommes beaucoup inspirés du site Apple qui répondait à l’esprit simple et tendance que nous recherchions.

Pour le lancement de la première vente, nous avions beaucoup communiqué sur Facebook et nous avions mis en place un compte à rebours. ça a fait un vrai buzz et dès cet instant, les paires de chaussures se sont écoulées en un temps record ! Nous avions prévu 4700 paires que nous comptions écouler en 6 mois et qui se sont finalement écoulées en 15 jours!

Qui sont vos clients off-line, on-line?

Initialement nos clients avaient entre 18 et 22 ans mais notre cible s’élargit maintenant aux 15-28 ans. Nos clients sont principalement nos fans Facebook ou les Followers de Twitter.

Les modèles qu’ils préfèrent sont les OAK grises et les FIR blanches mais chacun trouve chaussure à son pied, il y en a pour tous les goûts ! Il y a  un an nous ne proposions qu’un modèle avec 4 couleurs, aujourd’hui il y a 3 modèles différents et 22 coloris!

La concurrence est rude, cela ne vous effraie pas?

Nos concurrents sont par exemple Fred Perry, le Coq Sportif, Feiyue, Veja, Paul Smith et justement si il y a concurrence, c’est qu’il y a vraiment des besoins !
Nous avons essayé de regarder ce que faisait chacune marque, et nous avons pris le meilleur pour répondre aux besoins de notre clientèle.
On a essayé de faire de notre originalité, et notre petite taille,  des atouts.

Quel est votre taux de transformation? Comment envisagez-vous de l’améliorer?

Nous avons un taux de transformation de 2,5% ce qui est satisfaisant. Nos clients viennent sur le site dans l’optique d’acheter une paire qu’ils ont vu aux pieds de leurs amis. Le bouche à oreille et la page Facebook ont très bien fonctionné!

En Mars dernier j’ai remporté le prix MoovJee des jeunes entrepreneurs. La récompense, en plus d’un accompagnement personnalisé, est un budget pour l’amélioration du site. La prochaine version est donc prévue pour Novembre.

Vous avez parlé de Facebook, quel rôle jouent les réseaux sociaux ?

Twitter (125 Followers) mais surtout Facebook (16368 Fans) ont joué un rôle décisif. Toute notre communication gravite autour de Facebook. C’est un vrai lieu de partage avec les internautes qui se font un plaisir de relayer l’information. Notre jeu concours a crée un buzz.

Jeu Concours sur la page FAGUO

« Le but : Faire voyager vos petites Faguo en les prenant en photo devant des monuments célèbres, dans des beaux endroits ou simplement là où vous êtes… »

L’album compte des centaines de photos et autant de commentaires! Facebook plus que le référencement naturel nous permet de faire en moyenne 15 ventes par jour sur internet.

En plus les réseaux sociaux nous sont très utiles pour le service après vente !

Quels sont vos projets futurs?

Nous sommes implantés en off-line dans plusieurs magasins (galeries Lafayette, Kiliwatch…) et nous espérons élargir nos points de vente! En plus nous avons l’intention de développer le site à l’étranger et diversifier l’offre avec l’entrée de chaussures pour enfant et les tshirts en coton!

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4 août 2010

Toujours dans l’optique de tester des marchands e-commerce et pour lier l’utile à l’agréable j’ai passé une commande de cosmétique (encore !) chez Marionnaud cette fois-ci.

Comme j’avais déjà un compte client, je me logue, choisi mes articles et valide ma commande. Il y a deux expériences dans cet achat : celle sur le site Marionnaud et celle du suivi par Twitter.

Mon bilan pour Marionnaud est satisfaisant mais c’est loin d’être le site sur lequel j’aime vraiment acheté :

  • Pas très agréable de commander sur leur site… Je m’y perds un peu.  Le panier en haut à droite est très peu visible et ne se déroule pas quand j’ajoute des produits… L’étape de validation de la commande n’est pas simple non plus. Il ne faut pas rater la case « accepter les conditions » au risque de se retrouver sur une nouvelle page qui détaille toutes les modalités…

Le panier en haut à droite, pas facile à trouver!

  • Délais raisonnable entre le moment où je passe ma commande et celui où je reçois mes articles (5 jours ouvrés)
  • Récapitulatif de commande mais pas de mot doux dans le colis…
  • Mes articles arrivent en bon état mais l’emballage ne fait pas rêver…
  • Il y a seulement deux échantillons, ce qui fait toujours plaisir, mais contrairement à Sephora (où il y’en a trois), je n’ai pas pu les choisir.

Le site Marionnaud est clairement optimisable pour obtenir un meilleur taux de transformation. Cependant la promesse de livraison est tenue, le suivi de commande est propre mais le colis aurait pu être plus joli…

Mon colis est arrivé!

J’en ai profité pour tester le suivi_avec_lisa sur Twitter :

Voici les étapes du parcours :

  1. Le marchand me fournit le  numéro de colis
  2. Je « follow » suivi_avec_lisa
  3. qui m’ajoute dans ses following
  4. Je lui envoie un direct message avec mon numéro de colis
  5. En retour, elle m’envoie, toujours par direct message, le statut en cours et toutes les mises à jour des statuts en « push ».

C’est une méthode efficace car Twitter est utilisé à la fois sur le web et/ou mobile, sans être intrusif à la manière du SMS.  J’aime aussi l’aspect pratique, par exemple quand on fait plusieurs commandes : on a juste à entrer les numéros de colis, plus besoin d’aller les rechercher, Twitter centralise tout !

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Le test « Which Test Won » de la semaine, (comme d’hab’!)

Cette semaine on a fêté notre 400ème Followers! Objectif, atteindre 500 Followers d’ici la fin du mois ;)

Bon week end à tous !!

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